Info radio 8,33 kHz

Les changements apportés par le passage au standard 8,33 kHz :

face aux nombreuses interrogations des pratiquants, il parait nécessaire d’apporter quelques précisions.

 

Rappel du dossier
Par le passé, il avait été déterminé que pour être sûr que deux émissions VHF ne se brouillent pas, il fallait que leurs fréquences soient espacées de 25 kHz au minimum. Dans la bande allouée à l’aviation (*), cela permettait l’affichage de 780 possibilités.
Or depuis un peu plus d’une dizaine d’années, les progrès technologiques en matière de traitement du signal ont permis d’abaisser l’espacement à 8,33 kHz sans nuire à la fiabilité des émissions, ce qui permet de multiplier théoriquement par 3 le nombre de fréquences utilisables.
(*)La VHF (Very Hight Frequency) correspond aux fréquences comprises entre 30 et 300 MHz. La plage attribuée à l’usage aéronautique concernée par la conversion est entre 117,975 et 137 MHz.
Les instances européennes ont fait le choix de s’engouffrer dans cette possibilité afin d’assurer une souplesse confortable à la gestion de l’attribution des fréquences.
On peut le regretter à bon droit, mais aucune négociation n’a permis d’en atténuer durablement la portée. Et pourtant sur ce dossier, l’aviation de loisir n’était pas la seule à avoir argumenté. Certains services étatiques ont fait valoir sans beaucoup de succès les implications techniques et budgétaires de cette disposition.
Et c’est ainsi qu’après l’avoir imposé aux appareils évoluant en espace supérieur sous régime IFR, le règlementateur européen a fait adopter un plan de conversion générale en 8.33 kHz des fréquences air-so. Pour les espaces classés A, B et C, elle a débuté le 1er janvier 2014 pour s’achever fin 2018.
À terme, seuls quelques canaux particuliers vont demeurer utilisables au standard 25 kHz, telles que les fréquences SAR et détresse par exemple. Comme une émission en 25 kHz encombre 5 canaux 8,33, cela suppose de renoncer à attribuer les deux canaux adjacents de chaque côté de ces fréquences particulières.
On voit bien que maintenir l’autorisation d’opérer les anciens postes sur l’ensemble des autres fréquences de la bande aviation entre 117.975 à 137 mHz ne serait pas envisageable sans retirer tout son intérêt à la démarche.

 

Une adaptation de la désignation des fréquences
 Il faut donc faire appel à sa réserve de fatalisme et se soumettre bon gré mal gré à cette exigence. Mais outre l’effort financier à consentir pour la mise aux normes des ULM en service, la période de transition nous impose une adaptation d’utilisation.
C’est que les nouvelles radios installées depuis l’an dernier sont déjà au standard 8,33 kHz et les différences de modes de désignation des fréquences entre les deux systèmes peuvent provoquer des confusions pour ceux qui ne sont pas avertis.
C’est ainsi qu’au détour des stands du dernier salon de Blois, j’ai pu entendre des pilotes s’inquiéter du fait que leur nouvel émetteur «refusait d’afficher certaines fréquences ».
Et en effet, on ne peut pas afficher « 125,325» sur un poste en 8,33 (exemple pris au hasard). Pourtant il peut être réglé sur cette fréquence, mais pour lui, elle s’appelle 125,330.

 

Pourquoi est-ce ainsi ?
Dans l’univers 25 kHz, la fréquence de 125,325 était suivie de celle de 125,350. Mais le découpage en 8,33 kHz va chercher le cinquième chiffre après la virgule.
La succession des fréquences disponible sera :
125,32500 – 125,33333 – 125,34166 – 125,35000.
Imaginez alors un dossier de navigation ou un contrôleur qui vous demanderait d’afficher « cent-vingt-cinq trente-quatre-mille-cent-soixante-six ». Ce ne serait vraiment pas pratique et une source inépuisable d’erreurs. En outre, pendant la période de cohabitation, il faudra pouvoir savoir si « cent-vingt-cinq trente-cinq » sera une fréquence exploitée en 25 ou en 8,33 kHz.
La dénomination de chaque fréquence, ainsi que la façon de l’afficher sur le poste, fait donc appel à une désignation conventionnelle qui comme par le passé, ne fait appel qu’à 3 chiffres après la virgule.
C’est ainsi que la fréquence 8,33 correspondant à 125,300 est désignée 125,305. La 125,30833 s’affiche 125,310, et la suivante 125,31666 est connue comme 125,315… la fréquence qui suit est 125,325. Elle existe en espacement 25 kHz classique, mais s’appelle 125,330 dans l’univers 8,33.
On constate donc que la désignation adoptée ne représente pas exactement la fréquence d’émission au sens physique.
C’est pourquoi vous entendrez parler de « canal » au lieu de «fréquence ».
Mais rassurez-vous, à l’usage cela ne change pas grand-chose. En effet, si tout ça paraît compliqué, en pratique seules quelques règles simples sont à retenir :

8,33

Pour l’utilisateur d’une radio 8,33 qui évolue dans un espace qui est encore exploité partiellement en 25 kHz

  Si les deux derniers chiffres après la virgule de la fréquence que l’on vous demande d’afficher sont 00, 25, 50 ou 75, c’est une fréquence en 25 kHz – Vous rajoutez 5 à ce nombre pour afficher la même fréquence sur votre poste 8,33.
Exemple
On vous demande de passer sur 125,325. Vous constatez que vous n’arrivez pas à régler l’affichage de votre radio 8,33 avec cette fréquence.
Normal, ça termine par 25. Vous y accéderez en affichant le canal correspondant : 125,325 + 5, soit 125,330.
  L’affichage des autres fréquences, celles qui n’existent pas en 25 kHz, se fait directement par leur désignation conventionnelle.
  Quand tout le réseau aura basculé en 8,33, vous pourrez oublier ces subtilités.

 25

Pour l’utilisateur d’une radio 25 qui évolue dans un espace qui commence à être exploité en 8,33 kHz

 

Votre capacité à percevoir distinctement le trafic sur une fréquence avec votre radio 25 kHz, ne suffit plus à vous assurer que vous avez le droit de l’utiliser pour émettre.

  Si vous pouvez afficher la fréquence publiée, ou celle que le contrôleur vous demande de contacter, c’est qu’elle est encore exploitée en 25 kHz. Vous pouvez émettre et accéder à la zone si l’usage de la radio y est obligatoire.

  Si malheureusement, vous ne pouvez pas régler votre poste exactement sur la fréquence indiquée ou publiée, l’accès au trafic radio ne vous est plus possible dans ce secteur tant que vous n’aurez pas changé d’équipement, et ce même si vous pouvez encore écouter les échanges.

ATTENTION

Certaines radios récentes perfectionnées offrent la possibilité de régler l’affichage des fréquences soit en 8,33, soit en 25 kHz.

Thierry Couderc

Pdt. Commission sécurité FFPLUM

texte officiel:

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